samedi 20 avr. 2013

Quiddité toi-même

Le Paradis, c'est sympa, mais en fin de compte, c'est un peu surfait. Si, si. Des chants, de la lumière, des explications quelque fumeuse sur les astres... Et au final, dans les tous derniers vers de l'ultime chant (attention spoiler) Dante comprend le mystère de l'Incarnation. Paf. D'un coup. L'illumination suprême.
Pour ceux qui, comme moi, n'ont que de vagues notions sur le vocabulaire chrétien, l'Incarnation correspond à la fusion des deux natures, humaines et divine, en la personne du Christ. Et ouais.
Ceci étant, Dante le comprend, mais se garde bien de donner la moindre explication. Le petit malin.
Pour en revenir au titre de ce billet, avant de refermer définitivement La Divine Comédie (parce que, très honnêtement, maintenant que j'en suis venu à bout, je ne pense pas la rouvrir de sitôt...) un dernier petit mot pour la route. Et le mot du jour est... Roulement de tambour... "Quiddité". Terme croisé au chant XXIV du Paradis.
Hum.
Alors celui-ci, il n'est pas dans le Petit Robert, hein.
Par contre, il fait l'objet d'une note en fin de bouquin. Ami lecteur, je te la livre telle quelle : "Sa quiddité : son essence ; terme scolastique".
En ce qui concerne la scolastique... Pfui... Je te laisse chercher toi-même. Il est tard. Le Paradis, je ne suis pas certaine que ce soit pour moi de toute façon. Sans compter que j'ai le troisième tome des Guerriers du silence qui m'attend. Et deux ou trois autres bricoles.

mercredi 06 mar. 2013

Trois pour le prix de deux

Premier mot mis à l'honneur dans ce billet : Pétuner !
Voici un terme croisé au beau milieu de la tirade du nez dans la pièce Cyrano de Bergerac :

"Ça, Monsieur, lorsque vous pétunez
La vapeur du tabac vous sort-elle du nez
Sans qu’un voisin ne crie au feu de cheminée ?"

Pétuner... Autrement dit : "priser du tabac". A noter que, par rapport au verbe "priser", il semblerait que "pétuner" présente une connotation légèrement ironique. C'est en tous les cas ce qui est précisé dans le Wiktionnaire, lequel cite dans les sources de la page consacrée à "pétuner", la 8e édition du Dictionnaire de l'Académie Française. Du coup, j'ai tendance à faire confiance au Wiktionnaire... D'autant plus que cela colle fort bien au contexte dans lequel ce verbe a été rencontré.
Et de toutes façons, je suis en pleine résidence pour le nouveau spectacle de rue de Cîrconflexe, autrement dit, je suis sur les rotules et donc, je n'ai guère l'énergie de pousser plus loin mes recherches...
(Pour la petite histoire, j'ai relu Cyrano lors de l'écriture du nouveau spectacle en question. Sauf que - attention "spoiler" comme on dit maintenant - il n'y aura finalement pas d'extraits de Cyrano dans Dépôt de bilan. Et ouais. Faut dire que la perspective d'atteindre les trois heures quinze de spectacle nous a obligé à faire des choix.)
Mais recentrons-nous.
Deuxième mot de ce billet : Monophysite !
Celui-ci, je l'ai croisé au chant VI du Paradis de Dante. Les notes qui se trouvent en fin de bouquin nous apprennent qu'il s'agit d'une hérésie. Hum. Quant au Petit Robert, il indique que, selon la doctrine monophysite (ou monophysisme), le Christ ne possède qu'une seule nature. Ah. Ma foi (sans mauvais jeu de mot, hein) il ne me reste plus que le site internet de l'Eglise Catholique pour essayer d'y comprendre quelque chose. Je vous livre ce que j'y ai trouvé :

"Les monophysites affirment que Jésus Christ n'a qu'une seule nature et qu'elle est divine, cette dernière ayant absorbé sa nature humaine. Cette doctrine a été condamnée comme hérétique lors du concile de Chalcédoine en 451. Selon ce concile, Jésus-Christ est à la fois vrai Dieu et vrai homme en « une seule personne et deux natures, sans confusion »."

Ah ! Et bien là, c'est clair !
Par contre, pas facile à replacer, je vous l'avoue.

Et le dernier mot annoncé par le titre de ce billet, titre, qui sans ce troisième mot risque de passer pour de la publicité mensongère ?
Il est tiré de ma lecture du moment : le premier tome de la trilogie Les guerriers du silence, ouvrage de science-fiction de Pierre Bordage. Alors oui. Mais non. En fait... Comment dire... Je n'ai pas encore - tout à fait - achevé La Divine Comédie. La faute aux répétitions en cours. Celles dont je vous parlais un peu plus haut. Et de la fatigue qui en découle. Nan, parce que, franchement, lire Dante en sortant de répétition... c'est compliqué. Alors que se détendre avec quelques pages de science-fiction... ah... Cela fait du bien, soyons honnête.

Et ce mot alors ? Le voici : Optalium.
C'est un joli mot, non ? Celui d'un métal... tout droit sorti de l'imaginaire de l'auteur ! Un auteur qui aime beaucoup inventer des mots (ce qui est souvent le cas dans la science-fiction). C'est rigolo. Et puis, cela aide à se changer les idées.

Mais attention, dés lundi, je reprends la lecture de La Divine Comédie !
Ah non, lundi, je dors, c'est vrai. Bon. Dés mardi alors !

mardi 13 mar. 2012

Travailler

Abattre
Agir
Améliorer
Besogner
Bosser
Bricoler
Bûcher
Chiader
Ciseler
Collaborer
Composer
Cultiver
Élaborer
Étudier
Exécuter
Fabriquer
Façonner
Faire
Fignoler
Marner
Œuvrer
Ouvrager
Ouvrer
Peiner
Perfectionner
Plancher
Polir
Potasser
Préparer
Produire
Retravailler
Suer
Tâcher
Trimer
Turbiner
Turlupiner
...

Travailler

vendredi 27 janv. 2012

Charmille

J'ai croisé le mot "charmille" il y a déjà quelques semaines de ça dans Mémoire d'une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir... (Et ouais.) Évidement, depuis le temps, impossible de retrouver la page et donc la phrase exacte, mais en voici tout de même la définition proposée par mon Robert préféré :
1. Plant de petits charmes. 2. Allée, haie de charmes.
Ah oui. Et... c'est tout ? Bon. Une fois n'est pas coutume, voyons ce que propose Wikipédia...
"Les charmilles (au sens d'allée) ont souvent la caractéristique de ne pas être dégarnies en hiver, grâce au caractère marcescent du feuillage du charme."
...
"Marcescent" ?...
...
Toujours selon Wikipédia : "La marcescence (adjectif : marcescent) caractérise l'état d'un arbre ou d'un arbuste qui conserve ses feuilles mortes attachées aux branches durant la saison de repos végétatif (l'hiver ou la saison sèche), ces feuilles ne tombant que lors de la repousse des nouvelles (au printemps ou au début de la saison des pluies)."
...
Rhooo...
Et bien voilà qui valait le détour !

mercredi 09 mar. 2011

Aujourd'hui, trois mots pour le prix d'un

J'étais partie pour une super promo : deux mots pour le prix d'un, tous deux tirés d'un cours de dessin auquel j'ai participé cet après-midi à l'école Estienne en tant que modèle. Mais ce soir, au moment d'écrire ce billet, j'ai fait quelques recherches et je suis tombée sur un troisième mot, liés aux deux premiers, ce qui transforme la super promo en super super promo et ça, c'est la classe.
Alors c'est parti.
Le premier est assez facile. Et c'est mon préféré. Parce que c'est un joli mot, ce qui est important pour un mot et parce qu'il a un beau sens. Il s'agit de l'adjectif "callipyge" : qui a de belles fesses...
Le deuxième est un peu plus difficile... Il s'agit de l'adjectif "stéatopyge" : qui a de très grosses fesses (autrement dit, il décrit à merveille la vénus hottentote, oui, j'étale ma science, et alors ?)
Le troisième, celui trouvé en faisant quelques recherches, est une petite rareté... Il s'agit de "cacopyge" : qui a des fesses disgracieuses. Le genre de truc que pourrait dire le capitaine Haddock : "Espèce de cacopyge !" Ça claque, non ? Ce n'est pas très sympa, mais ça claque.

vendredi 04 fév. 2011

Vidjiste

Pardon ?
Je l'avoue, ce mot est un néologisme dont on ne trouve pas la moindre trace dans les dictionnaires. A vrai dire, même en faisant une recherche sur Internet, je n'en ai pas trouvé de définition... Mais j'ai celle que m'a fourni Pauline, apprentie modèle et artiste plasticienne confirmée et "vidjiste" à ses heures perdues rencontrée hier dans un cours de dessin aux Arts Décos.
Un "vidjiste", c'est un peu comme un DJ, mais pour la vidéo. Autrement dit, c'est quelqu'un qui, lors d'une soirée, mixe en direct des séquences vidéos en les accompagnant de musique. Pauline filme ses propres séquences et ensuite, elle se lance. Avec un goût apparemment prononcée pour les musiques électroniques comme accompagnement musicale. Il semble que cette activité soit encore plutôt confidentielle, mais appelée à se développer.
Alors peut-être qu'un jour, le mot "vidjiste" fera son entrée dans le Petit Robert.

PS : J'ai vérifié, DJ est bien dans le dico par contre. Avec pour unique mention un renvoi au terme disc-jochey, mais il est dans le dico. Et ouais.

mercredi 29 sept. 2010

Un jour, un mot, suite de la suite

Aujourd'hui, découvrons le sens du verbe MESMERISER.
Hum.
Rien à tirer du Petit Robert.
Une petite recherche Google m'amène sur un forum dédié aux jeux vidéos en ligne. Sur lequel on peut lire que "mesmériser est très lent, très difficile", en tous les cas lorsque l'on incarne un enchanteur dans EverQuest 2. Bon.
Deuxième réponse, un site consacré à "la Parole écrite de Dieu : la Bible". Passons.
La troisième réponse sera la bonne avec une page de Wikipédia sur l'hypnose. En résumé, mesmériser est parfois utilisé comme synonyme du verbe hypnotiser - bien que ce verbe soit un anglicisme encore inconnu des dictionnaires, calqué sur l'anglais to mesmerize - et ce en référence à un médecin allemand du nom de Mesmer qui, à la fin du 18e siècle, postulait l'existence d'un fluide magnétique universel dont on pouvait faire une utilisation thérapeutique.
Sacré Vladimir ! (Puisque bien sûr, comme hier et avant hier, le mot du jour est tiré d'Ada ou l'Ardeur de notre ami Nabokov. Et oui, faut suivre.)

mardi 28 sept. 2010

Un jour, un mot, suite

Croisé à la page 446 d'Ada ou l'Ardeur, de ce cher Vladimir Nabokov... le terme GEOMANTIQUE !
Ah.
D'après le Littré - puisqu'il se trouve que ce terme ne se trouve pas dans mon Petit Robert préféré - cet adjectif désigne tout ce "qui a trait à la géomancie."
Tiens donc.
Heureusement, le Littré ne nous laisse pas en rade en nous fournissant sans faillir la définition du terme GEOMANCIE, à savoir :
"Art prétendu de deviner l'avenir en jetant une poignée de poussière ou de terre au hasard sur une table, pour juger des événements futurs par les lignes et les figures qui en résultent."

Et comme il semble que le Petit Robert veuille se rattraper de l'absence de l'adjectif sus-nommé, il en fait des tonnes sur la définition de ce substantif. La preuve : "Divination par la terre, la poussière, les cailloux ou par des points marqués au hasard et réunis pour former des figures."
Tout pour se faire remarquer.
En tous les cas, ces jours-ci, je m'y essaierai bien, moi, à la géomancie.

lundi 27 sept. 2010

Un jour, un mot

Mon livre de chevet du moment - c'est une expression, il n'est pas du tout sur ma table de chevet, parce que je n'en ai pas, mais glissé dans le sac que je trimballe partout - est un roman de Nabokov intitulée Ada ou l'Ardeur. Une remarque tout d'abord, pour ceux qui connaissent avant tout Nabokov comme l'auteur de Lolita, qu'on se le dise, Ada ou l'Ardeur vaut le détour. A condition de surmonter les premiers chapitres... Et de s'armer d'un bon dictionnaire ! Nabokov, c'était pas un p'tit joueur. Son traducteur non plus d'ailleurs. La preuve avec un premier mot, qui sera le mot du jour : ABSTRUS.
D'après le Petit Robert, ce terme signifie "Qui est difficile à comprendre". Il a pour synonyme les mots ABSCONS, ABSTRAIT et OBSCUR.
Et ce qui est sûr, c'est qu'au détour d'une conversation, répondre "Excuse-moi de te dire que tout cela me semble bien abstrus !" plutôt que "Je capte que dalle à ce que tu racontes !" permet de gagner quelques secondes fort précieuses, le temps de fourbir de meilleurs arguments. Et ça, ça n'a pas de prix.
Demain, un autre mot, tout aussi utile.

vendredi 16 juil. 2010

Totally fluent

Yes, I'm.
...
Hum.
...
And you?
And do you know what is a mood board?
According to Wikipedia, a mood board is "a type of poster design that may consist of images, text, and samples of objects in a composition of the choice of the mood board creator. Designers and others use mood boards to develop their design concepts and to communicate to other members of the design team."
...
Et pour la petite histoire, lundi, je participe en tant que figurante au tournage d'une pub dont je n'ai rien le droit de dire parce que ce matin, j'ai signé un accord de confidentialité. Mais ce que je peux te dire, ami lecteur, c'est que ce soir, j'ai reçu par mail un "mood board" - ou "planche de tendance" - afin d'avoir une idée précise des tenues que je dois apporter lundi. Encore faut-il que je trouve de quoi faire dans ma penderie. Arg.

vendredi 25 juin 2010

Cyphose

"La cyphose est une déformation de la colonne vertébrale, plus précisément une trop forte convexité au niveau de la colonne dorsale."
...
Merci Wikipédia.
Au programme, exercices à faire tous les matins. Et la recommandation de fréquenter avec assiduité la piscine.
Merci monsieur l'ostéopathe.
Et sinon ? Oh... Une petite scoliose... Rien de méchant. La natation est également préconisée.
Mais ?! Pourquoi j'suis toute mal-foutue !!!
En tous les cas, une pincée de cyphose, un brin de scoliose, et depuis maintenant près de neuf mois, pas mal d'heures de poses, et vous obtenez quelques bons torticolis ! Tout s'explique. Allez, c'est pas tout ça, mais moi, j'ai piscine.

vendredi 30 avr. 2010

Palimpseste, le retour

Les mises à jour de la page Book, ce sera pour ce week-end. Mon webmaster préféré me l'a promis. En attendant, parlons, une nouvelle fois du mot palimpseste, fort joli mot, au sens mystérieux et qui est bien plus courant qu'on ne pourrait le croire... Si, si.

"Étreignant le siège situé devant lui, il se penchait au-dessus du bastingage, le tissu blanc de son costume transformé en un palimpseste étincelant."
L'homme enluminé, Nouvelles complètes 1963/1970, J.G.Ballard

Et comme s'obstine à le rappeler Le Petit Robert 1993, un palimpseste est un "parchemin manuscrit dont on a effacé la première écriture pour pouvoir écrire un nouveau texte". Et voilà.

jeudi 19 nov. 2009

Pronation, supination et préhension

Aujourd'hui, trois mots pour le prix d'un.
C'est cadeau, c'est de la morphologie (oui, j'ai encore posé pour mon prof de morphologie préféré.)
Alors...
Pronation : D'après le Petit Robert, il s'agit de la position de l'avant-bras et de la main quand celle-ci se présente avec la paume en dessous et le pouce à l'intérieur. C'est l'opposé de la supination. Petit complément trouvé sur Wikipédia, ce mouvement correspond au fait de tourner les paumes vers le sol afin d'y prendre un objet.
Supination : Toujours d'après Wikipédia (aujourd'hui, le Petit Robert n'est pas au taquet), il s'agit de l'inverse de la pronation (Wikipédia n'est pas tellement plus au taquet, je suis déçue, déçue, déçue.) C'est-à-dire que ce mot désigne le mouvement fait pour lâcher un objet. On s'en contentera. Sinon, je peux vous donner la position l'un par rapport à l'autre du radius et du cubitus dans chacun de ces deux mouvements, mais là, cela devient technique (faut avoir suivi des cours de morphologie...)
Préhension : Action de saisir. Voilà pour le Petit Robert (décidément pas du tout au taquet. ) Wikipédia précise que chez l'Homme, c'est le pouce qui permet l'action de préhension. Voilà qui est mieux. Wikipédia l'emporte. Zut alors.

samedi 09 mai 2009

Somniloquie

D'après le Dictionnaire France 5 - le Petit Robert restant muet - il s'agit du fait de proférer des paroles ou des sons plus ou moins confus pendant que l'on dort.
J'ajouterais que lorsque vous mettez deux personnes enclines à la somniloquie dans le même lit, cela peut donner naissance à des discussions assez surréalistes... :-)

mardi 14 avr. 2009

Proprioception

Cette fois, le Petit Robert m'a fait défaut. Alors le mieux, c'est que je cite Oliver Sacks qui parle fort bien de la proprioception dans son livre L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau, une de mes lectures du moment...

"Nous avons cinq sens dont nous tirons fierté et que nous célébrons ; ils construisent pour nous le monde sensible. Mais il en existe d'autres, plus secrets - des sixièmes sens, en quelque sorte -, tout aussi vitaux, qui restent méconnus et dont nous ne vantons pas les mérites. Ces sens inconscients, automatiques, ont été découverts assez tardivement : les victoriens les ont vaguement appelés "sens musculaires" - la conscience de la position relative du tronc et des membres provenant des récepteurs situés dans les jointures et les tendons ; en fait, ils ne furent vraiment définis que dans les années 1890. On les baptisa alors du nom de proprioception."

Dans un chapitre précédent :

"Le sens du cops (...) nous est donné par la vue, par les organes de l'équilibre (le système vestibulaire) et par la proprioception."

Et pour ceux qui auraient envie de savoir ce qui se passe lorsque l'on perd sa proprioception, il suffit de lire L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau, recueil de cas cliniques rencontrés par Oliver Sacks dans sa carrière de neurologue. Accessoirement, ce livre a servi de base à un spectacle de Peter Brook. Et il est passionnant.

Oliver Sacks

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